Visuel IdemiAfrica - Contribuling 2021

#Contribuling 2021: Atelier collaboratif de traduction des mots numériques en langues africaines sur Internet

Le Collectif Idemi Africa est heureux de vous annoncer qu’il sera présent au #ContribuLing 2021. Encore une fois, à travers un atelier collaboratif en ligne, nous allons ensemble traduire des mots numériques en langues africaines sur Internet.

Si vous pouvez transcrire du Français et/ou Anglais vers n’importe quelle langue africaine, vous êtes les bienvenu(e)s. Du Fongbé au Yoruba en passant par le Ewé, le Lingala, le Pulah, le Lingala ou autres, les participants ont le pouvoir d’impacter avec leur langue.

L’événement #ContribuLing 2021, co-organisé par l’INALCO, #Wikimedia, la #BULAC et l’ #UQAM a lieu les 3 et 4 juin 2021 (entièrement en ligne) et propose des sessions de présentations et/ou d’ateliers à propos des plateformes contributives. Pour plus de détails sur l’événement, consulter la page https://meta.wikimedia.org/wiki/ContribuLing/fr

Dans ce cadre, l’atelier de #IdemiAfrica est prévu pour le Jeudi 03 Juin 2021 à partir de 14h30 GMT.

Tout comme nos précédents ateliers d’écritures en langues Africaines, nous allons transcrire certains termes numériques courants dans nos langues avec quelques ressources disponibles. Nous mettrons à disposition des référentiels en Français/Anglais afin que les participants traduisent ces termes dans la langue qui leur conviendrait.

Le Clavier Fongbé et des langues Béninoisesde Fabroni Bill Yoclounon sera l’un de nos supports de travail.

Rejoignez-nous en vous inscrivant ici pour la visibilité de nos langues

Fabroni Bill YOCLOUNON, Concepteur de IamYourClounon

Compte rendu accompagnement IdemiAfrica-IamYourClounon

En 2021, Idemi Africa a décidé d’accompagner celles et ceux qui mènent des projets afin de faire de l’espace numérique, un environnement inclusif et linguistiquement pluriel. Ci-dessous le témoignage de notre premier porteur de projet.

Hello,

Je suis Fabroni Bill YOCLOUNON, Concepteur de IamYourClounon, une plateforme créée depuis 2018 qui fait la promotion des langues béninoises en l’occurrence le Fongbé, langue la plus parlée au Bénin.

Dans la démarche d’optimiser mes différentes activités et améliorer ce que je produis comme contenus et impacter plus de monde, j’ai demandé volontairement un accompagnement à Idemi Africa à travers Sinatou SAKA.
Je pensais que cet accompagnement serait un simple échange sur les défis que je rencontre dans le cadre de mon projet. Mais tout a été au-delà de mes attentes grâce au programme très alléchant que m’a proposé Sinatou.
Mes difficultés au départ

La première difficulté est liée à la gestion de la plateforme ainsi que de l’équipe avec laquelle je travaille.

La deuxième difficulté est relative à la définition des objectifs à atteindre ainsi que de la stratégie à mettre en œuvre.

La troisième difficulté est celle de l’adaptation de mes contenus à ma cible.

Grâce à l’accompagnement IDEMIAFRICA

Avant le début des séances d’accompagnement proprement dites, Sinatou et moi avions fait un audit général de :
● mes besoins,
● mes souhaits,
● mes atouts,
● mes expériences et compétences,
● mes réalisations avec IamYourClounon,
● projets ou contenus à améliorer,
● objectifs à atteindre à court, moyen et long terme.

Sinatou et moi avions retenu la plateforme JITSI pour nos séances visio. Trois séances en mars et deux en février ont permis de réaliser un diagnostic de la situation. Sinatou Saka a fait preuve de grande écoute et a proposé des solutions qui semblaient répondre à mes objectifs.

Dans une séance, nous avions discuté de mes projets à court terme. Il s’agissait essentiellement des modifications que je voulais apporter à certaines des applications IamYourClounon telles que les « stickers en fongbé ». Il s’agissait de répondre à la question si cela était opportun. Si oui à quel moment ? Dans quel format ? Sur quelle plate-forme ? Dans quel design.
● Dans une autre séance, Sinatou m’a présenté l’expérience d’une plateforme béninoise qui avait réussi à monétiser ses prestations. Cette présentation venait en réponse à ma difficulté de pouvoir monétiser #IamYourClounon, un projet communautaire qui se veut néanmoins indépendant afin de subventionner ses propres créations. Cette même séance a permis de définir mes objectifs quantitatifs et qualitatifs auxquels je me réfère désormais.
● Une autre séance a servi surtout à nous pencher sur les canaux de communication et de diffusion de mes contenus auprès des cibles. Sinatou m’a proposé à ce niveau sur la base des différentes statistiques (insights) que j’avais sur mon réseau favori d’adapter les contenus. Pour ce faire, elle m’a fourni de la documentation adéquate pour optimiser mes diffusions.

Bien d’autres aspects ont été abordés au cours de nos différentes séances. Sinatou n’a pas manqué de m’envoyer à la fin de chaque séance des résumés ou des abstracts de nos échanges.

Retombées de l’accompagnement

Ces différents échanges m’ont véritablement construit un tunnel pour faire passer mes initiatives et mon projet en général.

  1. Les fiches techniques de nos échanges constituent des références qui me guident. Je les consulte pour poursuivre mes activités,
  2. J’ai peaufiné mes objectifs à court, moyen et long terme. Pour éviter de m’embrouiller dans les projets au même moment, je programme désormais tout sur un agenda optimal et renvoie tout ce qui n’est pas urgent sur d’autres échéances.
  3. J’ai amélioré mes contenus à travers la tonalité des messages, les formats, la fréquence. Mes nouvelles statistiques sont constantes globalement et m’encouragent à continuer sur cette lancée.
  4. J’ai lancé la mise en place d’une newsletter qui me servira très bientôt. Elle est à sa phase de collecte de données,
  5. Je discute plus avec mon équipe, elle est plus impliquée à toutes les phases de création et de diffusion.
  6. J’analyse beaucoup plus l’urgence des situations avant de me décider.
  7. Je crée une valeur ajoutée qui bénéficie à ma personne par ricochet.

Cet accompagnement d’Idemi Africa m’a aidé à consolider mes acquis et à créer d’autres champs d’atouts à acquérir. Je reste reconnaissant envers la « dada » (« grande sœur » en fongbe du Bénin et mina du Togo) Sinatou SAKA pour sa simplicité et son esprit de partage. Je continue de rester attentif pour analyser les comportements des cibles, des bénéficiaires, des chiffres et des statistiques.

Vivement une seconde saison d’accompagnement

IamYourClounon, Xɔntɔn towé

Si vous pensez que votre projet correspond à nos valeurs et vous souhaitez être accompagné , contactez nous

#IdemiAfrica #Malanguecompte

Fabroni Bill Yoclounon(iamYourclounon)
Journaliste-Communicant / IamYourClounon

Écrivain, Concepteur de IamYourClounon pour la promotion du Clavier des Langues Béninoises, des Citations en fongbé, des stickers en fongbé, des panégyriques claniques.

Visuel atelier d'écriture en langue africaines du 20 Février 2021

Invitation: Premier atelier d’écriture en #Fon – #Yoruba – Ewé

Dans le souci de rendre visible les langues Béninoises et Togolaises, surtout écrites, sur Internet, le collectif #IdemiAfrica organise en collaboration avec quelques acteurs locaux du Bénin, un atelier d’écriture et de traduction en Fongbé, Ewé et Yoruba ce samedi 20 Février 2021 de 9h à 13h au Blolab Bénin et à distance. C’est la première édition d’une série qui commence 🙂

C’est un atelier hybride (en ligne et présentiel). La participation en présentiel pour ceux qui seront sur place sera dans la limite des places disponibles à l’adresse Blolab, 1241, Rue 2180, Cotonou Bénin. Elle se déroulera aussi en ligne pour ceux qui voudront contribuer à distance. Le lien de participation vous sera envoyé après votre inscription.

Avec les ressources disponibles, nous allons transcrire certains termes numériques courants dans nos langues. Nous mettrons à disposition des référentiels en Français/Anglais afin que les participants traduisent ces termes dans la langue qui leur conviendrait.

Le Clavier Fongbé et des langues Béninoises de Fabroni Bill Yoclounon sera vivement recommandé.

Ensemble, célébrons la journée internationale de la langue maternelle.

Cet atelier a lieu grâce au concours des acteurs locaux suivants: Wikimédiens du Bénin User GroupBlolab Bénin – #ALILBENIN Association des Locuteurs et Interprètes des Langues locales au Bénin – clavier des langues béninoises – Fabroni Bill Offlciel #IamYourClounon #MaLangueCompte #AtelierEcriture #LanguesAfricaines

Etude IdemiAfrica - sites web officiel de pays Africains en langues locales

Etude: Quels sont les pays africains exemplaires en matière de diversité linguistique en ligne?

Seulement trois pays africains disposent d’un site internet officiel* dans une langue africaine. C’est le résultat d’une courte** étude menée par le collectif Idemi Africa.

Les autorités ont une responsabilité dans l’utilisation et la préservation de nos langues en ligne. C’est du côté du volume de publications dans les langues locales sur le web qu’est la réponse à la problématique de mort numérique des langues africaines.

Cette étude permet de révéler les lacunes de plusieurs pays africains en matière de valorisation de leurs langues locales sur internet.

Avec cette étude, Idemi Africa espère attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’absence de contenus dans les langues africaines sur le web et leur place dans cet univers. Le collectif poursuit son travail de sensibilisation et espère ainsi contribuer à un aspect fondamental des droits numériques qu’est l’accès pour les personnes qui ne parlent pas les langues dominantes aux savoirs et ressources numériques.

Quelques résultats de l’étude en image

*Par site internet officiel, nous avons étudié les sites officiels des 54 gouvernements africains ou à défaut des sites dont l’utilité pourrait se rapprocher des sites des gouvernements comme le site de la primature ou d’un ministère important.

**Cette étude est la première d’une enquête plus approfondie sur l’usage par les gouvernements africains d’une langue locale dans leur communication sur les réseaux sociaux, dans les projets qu’ils peuvent développer et de l’impact sur les populations concernées.

A propos d’Idemi Africa:

80% des contenus existants sur Internet sont disponibles dans dix langues occidentales. Idemi Africa est un collectif né de la volonté de rendre les langues africaines plus visibles sur internet et de favoriser un web ouvert, inclusif et diversifié.

« Sur Internet, nous devons affronter le privilège des langues dominantes » Gerald Roche

Gerald Roche est anthropologue et chercheur principal à l’Université de La Trobe, et auparavant à l’Institut asiatique de l’Université de Melbourne. Ses recherches portent sur les politiques de mise en danger et de revitalisation des langues, avec un accent régional sur le Tibet. Il a récemment co-édité le Routledge Handbook of Language Revitalization. Son projet de recherche actuel porte sur la politique ethnique et la diversité linguistique dans les régions tibétaines de Chine. L’étude examine la situation sociolinguistique de la population de Rebgong, une région multiethnique et multilingue du plateau du nord-est du Tibet où les Monguor constituent une minorité linguistique.

Que pensez-vous de la situation des langues minorisées sur internet ?

Je pense que le grand problème pour les langues dans les espaces numériques est que les politiques du monde réel ont tendance à se reproduire dans l’espace digital: le même déséquilibre des ressources, les mêmes hiérarchies de respect et de valeur, les mêmes stéréotypes et préjugés.

Ainsi, par exemple, Internet est toujours un environnement dominé par le texte, et il y a cette idée que pour que les langues soient présentes sur Internet, elles doivent être réduites au texte — même s’il existe d’énormes possibilités d’avoir une présence en ligne dynamique. Lorsque des langues minorisées pénètrent l’espace numérique, elles sont souvent soumises aux mêmes normes de présentation que des langues bien mieux dotées en ressources. Ainsi, par exemple, lorsque le COVID-19 a commencé à se répandre en Chine, le gouvernement ne fournissait pas d’informations dans les langues locales. Les communautés ont elles-mêmes entrepris le travail de traduction et produit des vidéos expliquant des informations vitales sur la santé publique dans les langues locales. Mais certaines personnes dans ces communautés ont réagi en disant que les vidéos n’étaient « pas professionnelles ». Même lorsqu’ils obtenaient des informations vitales dans leur langue, les gens jugeaient toujours nécessaire de juger le contenu en fonction des normes établies par des langues bien mieux dotées en ressources.

Pourquoi la diversité linguistique est-elle importante sur Internet?

Mon approche est de me concentrer sur les gens qui parlent ces langues plutôt que sur les langues elles-mêmes. Je pense que la langue est une question de justice sociale. Donc, ce n’est pas seulement que la diversité linguistique est négligée sur Internet, il est important de dire que l’Internet doit être un espace ouvert où tout le monde peut participer de manière égale. Il devrait être un espace où les gens ne subissent pas de discrimination. Mon objectif n’est pas de promouvoir la diversité linguistique pour elle-même mais de réduire la discrimination et d’accroître l’égalité fondamentale pour que ceux qui parlent les langues minorisées soient également entendus.

Comment la langue affecte-t-elle notre expérience Web?

Deux choses sont importantes ici. Premièrement, la langue peut créer des «bulles de représentation». Par exemple, je faisais des recherches sur Internet en tibétain. Les questions qui sont discutées, la façon dont les choses sont représentées, etc., sont totalement différentes des questions liées au Tibet sur Internet en anglais. Et deuxièmement, les mouvements politiques ont tendance à voyager à travers la langue dans les hiérarchies de pouvoir. Ainsi, par exemple, des communautés linguistiques plus petites et plus démunies sont susceptibles de connaître des luttes politiques plus vastes, mais pas l’inverse. Et cette inégalité dans la popularité des mouvements politiques est produite par les mêmes mécanismes qui produisent les inégalités politiques. Cela signifie que les «puissances» de l’analyse et de la production de théories ont tendance à produire des idées qui ont une pertinence limitée pour des luttes plus petites et des communautés plus localisées.

Je pense qu’à certains égards, nous pouvons penser que la «construction d’Internet» reproduit les mêmes problèmes qui se sont posés lors de la construction du système mondial d’États-nations, liés entre eux par le capitalisme mondial. Il a des dimensions à la fois locales et mondiales — il établit des hiérarchies au sein des États et entre eux. Et dans les deux cas, il y a des gens qui sont plus ou moins opprimés par ce processus. Comme Fanon a parlé des damnés de la terre, je pense que nous pouvons aussi penser aux « damnés d’Internet» …

Que proposez-vous ?

Par exemple, en Australie, j’aimerais voir tous les jours des sites d’actualités nationales ayant du contenu dans les langues autochtones en première page. Je pense que ce serait un excellent moyen de rappeler aux locuteurs de langues dominantes, qui en Australie sont souvent monolingues, l’existence d’autres langues … rappelant ainsi aux gens qu’il y a une différence, et donc une hiérarchie et des inégalités importantes. Mais en général, je pense que nous devons affronter le privilège des langues dominantes. Nous pensons souvent que l’activisme numérique pour les langues opprimées concerne l’autonomisation et l’inclusion — plus de plateformes, plus d’outils, plus de voix, etc. Et c’est bien. Mais ils ne suffisent pas si nous ne confrontons pas la domination injuste des autres langues. Si nous ne faisons que donner du pouvoir, nous invitons essentiellement les personnes et les communautés dans un environnement hostile. Cet environnement doit changer.

Cet article a été rédigé dans le cadre de la bourse pour les médias décerné par Paradigm Hq, une organisation qui milite pour les droits numériques en Afrique.

Entretien avec Idemi – Fabroni Bill YOCLOUNON et le clavier des langues béninoises

Internet est appelé à être un espace ouvert et multiculturel. Cependant, 80% des contenus existants sur internet sont dans 10 langues occidentales. Il y a donc un enjeu à produire des volumes importants de données dans les langues africaines pour rendre le web plus inclusif. Malheureusement, l’écriture de ces langues a souvent constitué une barrière. Pour répondre à ce problème, Fabroni Bill YOCLOUNON et ses amis ont lancé le 15 août dernier, un clavier des langues béninoises comme le Fongbé (3 millions de locuteurs natifs) et le Yoruba (30 millions de locuteurs). Selon le chercheur Don Osborn, spécialiste des langues africaines en ligne, « c’est un pas supplémentaire dans la visibilité de ces langues sur l’espace numérique ». Ce clavier permet d’envoyer des emails, des tweets ou encore d’écrire des articles de blog dans des langues béninoises. Nous avons discuté avec son fondateur.

Lire la suite « Entretien avec Idemi – Fabroni Bill YOCLOUNON et le clavier des langues béninoises »
Bonaventure Dossou et Chris Emezue

Le projet FFR et les recherches en Intelligence Artificielle (IA) en Afrique

«African intellectuals must do for their languages and cultures what all other intellectuals in history have done for theirs.»
Cette déclaration de l’écrivain Kenyan Ngugi wa Thiong’o est à l’origine de nos recherches sur le NLP Africain (Traitement du Langage Naturel en Langues Africaines), très peu exploré aujourd’hui mais largement promue par des organisations en ligne comme Masakhane, Deep Learning Indaba, BlackinAI, AI4Development-Africa pour faire face aux défis comme les ressources limitées, la faible découvrabilité et la faible reproductibilité des langues africaines. Le traitement du langage naturel est une branche de l’IA qui permet de comprendre les subtilités du langage humain avec l’aide des ordinateurs.

Lire la suite « Le projet FFR et les recherches en Intelligence Artificielle (IA) en Afrique »

«Aussi délicieuse que soit la langue d’autrui, tu n’en connaitras pas le goût» – WAX

Quand vous vous baladez sur Twitter, surtout quand vous avez beaucoup d’amis sénégalais, il n’est pas rare de lire des conversations entièrement en wolof sur le réseau social. C’est ainsi que j’ai découvert Wax ( Wolof Ak Xamle ), un compte en wolof créé par Ismaila  Gueye.

jangwolof.com
Crédit: jangwolof.com

Il faisait partie de plusieurs groupes d’apprentissage du wolof sur l’application de messagerie Telegram mais la démarche de ces groupes ne lui semblait pas assez innovante. Il a donc décidé de lancer, en février 2018, son association d’apprentissage gratuite du wolof sur Whatsapp mais aussi des pages facebook, Twitter, Instagram, un compte Youtube, un site internet et un média pour la promotion de sa langue. 

Lire la suite « «Aussi délicieuse que soit la langue d’autrui, tu n’en connaitras pas le goût» – WAX »
Kọ́lá Túbọ̀sún

Pourquoi écrire en yoruba sur internet?

Cet article est une traduction du texte du linguiste Nigerian Kola Tubosun, à lire ici en anglais: Why write in Yorùbá on the internet?

“ L’une des plaintes que j’ai souvent entendu, bien avant de commencer à travailler chez Google en tant que linguiste sur le traitement des langues, était que les résultats sur Google Translate pour un certain nombre de langues africaines étaient très mauvais.

En tant que féru de technologie de traduction depuis très longtemps, j’étais d’accord avec toutes ces personnes car j’avais rencontré plusieurs fois les mêmes problèmes sur Google Translate.

Lire la suite « Pourquoi écrire en yoruba sur internet? »

Retour sur le webinaire #MeetIdemiAfrica 2 – Écriture et traduction des langues africaines en ligne: challenge et perspectives

Le 29 mai dernier, nous avons organisé notre deuxième conférence en ligne avec Cherif Ndiaye, entrepreneur social, blogueur et promoteur de la plateforme éducative gratuite en ligne, “Ecoles Au Sénégal” et Bonaventure Dossou, co-fondateur avec Chris Emezue de la plateforme EdAi qui explore l’application du machine learning dans la traduction des langues africaines.

Pour Cherif Ndiaye, les difficultés suivantes se posent dans son activité.

Traduire des termes scientifiques (comme racine carré) dans une langue africaine. Si souvent, cette traduction peut être imagée, elle est soit trop pointue ou pas assez précise. Plusieurs mots français ont en effet été intégré dans la langue au détriment de la traduction précise du terme

Mais au Sénégal, l’academie du wollof tente de traduire des termes nouveaux comme téléphone ou batterie de téléphone.

Quant à Bonaventure Dossou, il soulève que très peu d’étude existe sur l’application de l’intelligence artificielle dans la traduction des langues africaines. Les seuls qui sont visibles sont celles de Google qui présentent d’énormes limites de traduction notamment sur la reconnaissance d’identité ou les lieux de naissance. Ces limites existent aussi d’ailleurs pour la traduction du français à l’anglais par exemple sur Google Traduction.

En tout cas, l’énorme boulot de Bonaventure Dossou et de son équipe ( déjà 54000 paires de phrase traduites) sont disponibles en open source sur github avec une restriction pour les utilisations commerciales. Il précise aussi que ce travail pourra être utilisé pour d’autres langues africaines, outre le fon, langue béninoise sur laquelle il s’est spécialisé.
“ ça ne sert à rien de développer une application si ça ne profite pas à l’environnement”

La prochaine étape pour EdAi? Sans doute une application performante de traduction et peut être une traduction d’une langue africaine à une autre langue africaine sans passer par une langue occidentale.

Bonaventure Dossou

La question des claviers en langues africaines

Stickers en Fongbé 2.0

On le sait, pour accroître le contenu en langues africaines en ligne, il faudrait vulgariser les claviers dans ces langues. Pour résoudre le problème, Bonaventure a exposé le travail de Fabroni Bill YOCLOUNON qui a développé une série d’outils numériques ( sticker, clavier, etc..) sous le label “ I am Your clounon”. L’application est disponible ici: https://play.google.com/store/apps/details?id=com.fulbertodev.fongbesticker&hl=fr

Pour Cherif Ndiaye, le son est un outil pour contourner la problématique des claviers. La culture africaine étant fortement orale. Ce format est en effet très répandue auprès des populations analphabètes sur Whatsapp et mériterait d’être valorisé par les producteurs de contenus, surtout avec la popularité grandissante des podcasts aujourd’hui.

La question des langues africaines en ligne est fortement similaire à leur réalité dans la société. Leur intégration dans les écoles ou dans des discours politiques participerait à leur visibilité et permettrait aussi aux populations d’être plus décomplexés.

Capture de la Diffusion en direct du Webinaire #MeetIdemiAfrica 2

La collaboration comme clé
Une autre piste pour valoriser les langues africaines pourrait être la collaboration entre locuteurs, spécialistes, développeurs de langue française et anglaise sur le continent.

Indépendance technologique

La technologie n’étant jamais neutre, les invités ont soulevé la question fondamentale de la souveraineté technologique africaine afin de produire des applications qui répondent précisément aux besoin de la population. Cette souveraineté passe aussi par la production de contenus, vidéos (recettes de cuisine, conseils, etc…) ou images de qualité, dans les langues africaines.

Revivez ici l’intégralité des échanges

[Replay] Diffusion en direct du Webinaire #MeetIdemiAfrica 2 https://www.youtube.com/watch?v=ICxrKtTNIAA&feature=youtu.be